Petit déjeuner débat avec Marisol Touraine ce matin au Conseil Constitutionnel organisé par l’Institut Montaigne autour de la Stratégie Nationale de Santé


Intervention de la Ministre extrêmement claire et décidée ! Je suis finalement plutôt en confiance avec son leadership et sa vision.

Par contre je trouve qu’elle gagnerait à être un peu moins « contrôlée » (un peu distante et cassante dans ses réponses).

Mais manifestement que l’on soit de gauche ou de droite, être Ministre de la Santé nécessite d’avoir une vraie et forte structuration intellectuelle bien au delà de ce que l’on demande à un « Politique » classique.

Voici quelques phrases notées à la volée :

  • Nous avons tendance à faire montre d’un pessimisme excessif alors que notre système est un des meilleurs du monde. Le budget de la sécurité sociale est supérieur au budget de l’état. 2 millions de français travaillent directement ou indirectement dans la santé.
  • Défis : Allongement espérance de vie et apparition de maladies chroniques liées à l’allongement de la vie.
  • Inégalité sociale face à la santé. L’écart d’espérance de vie entre les catégorie sociale ne s’est pas réduit « Habitant à un bout ou à l’autre du RER B, vous avez statistiquement 2 ans d’espérance de vie d’écart »
  • La démocratie sanitaire passe par une bonne information des patients potentiels et doit être garantie par la puissance publique. Très bientôt mise en place d’un site d’information de la santé qui fait suite à la suite d’un site sur les médicaments et les établissements.
  • Structuration de l’ambulatoire : l’enjeu principal est de mieux coordonner autour du patient les structures pour faire en sorte que le passage à l’hôpital ne se fasse pas par défaut.
  • C’est par bassins de vie que doivent se structurer les offres de soin
  • En France il faut de 7 à 10 ans pour faire passer une innovation dans les pratiques de soins. C’est 18 mois aux US.
  • Innovation accessible à une prise en charge collective: quelle répartition de la prise en charge de la recherche.
  • Les français monteront beaucoup plus vite que les autres aux créneaux en cas d’accident de santé lié à des risques médicaux/techniques non maîtrisés
  • Les règles changent année après année ? Oui, ok mais pour nous aussi elles changent année après année. Nous devons tous nous adapter
  • Quel prix est on prêts collectivement à payer pour la découverte d’un traitement allongeant de quelques semaines la durée de vie en cas de Cancer. C’est un débat que nous avons du mal à aborder dans le cadre du débat sur le « coût de l’innovation médicale ».
  • L’hôpital est dominant et c’est une question de culture. Ce qui est le plus dur à faire changer ce sont les blocages culturels…
  • Les pôles de sante représentent l’avenir. L’hôpital doit être le troisième recours après le médecin généraliste puis le spécialiste.
  • Au sujet des clauses de désignation (complémentaires santé) : Je n’accepte pas que l’on dise que je ne respecte pas les choix du Conseil Constitutionnel. Les clauses de désignation existaient depuis très longtemps . Il faudrait me croire stupide pour ne pas comprendre le débat. C’est le Conseil Constitutionnel qui tranchera.
  • Question d’un patient chronique : « à quoi servons nous en dehors d’être un coût dans la société ». La réponse : la concertation sera la clef avec d’une part un appel d’offre autour de la mise en place d’une aide à la complémentaire santé et par ailleurs les « contrats responsables et solidaires ». 
  • J’ai la profonde conviction que nous devons passer à un nouveau stade (après l’étape 2002) de la démocratie sanitaire.

 Jérick Develle

Qualité Y.0

Mis en avant


Paradoxe

Les aléas économiques et le raccourcissement des cycles de croissance ne représentent pas la vraie menace qui assombrit l’avenir de nos entreprises. Cette menace est en fait un paradoxe, le paradoxe du marché de l’emploi français qui, malgré un taux de chômage insupportable, fait qu’il demeure très difficile de recruter un profil à valeur ajoutée individuelle élevée et cela quel que soit le secteur d’activité concerné.

En effet, au-delà des compétences, c’est dorénavant le comportement qui fait la différence pour la Génération Y qui rejoint en ce moment nos entreprises et qui en représente l’avenir. Son recrutement se fait sur des valeurs et des comportements ce qui le rend sensible et difficile. La notion de fidélité par le bien-être au travail devient alors une condition élémentaire et précieuse pour que ces efforts de recrutement ne soient pas anéantis par une faible capacité à conserver les Talents.

Perte de temps et d’énergie

Or cette Génération, qui dispose d’atouts extraordinaires pour réussir, perd en général énormément de temps et d’énergie lors de sa phase d’intégration.Ses difficultés à gérer les conflits, à rester centrée sur un même sujet très longtemps ou à disposer d’une vision moyen terme, nécessiteraient que les Systèmes de Management de la Qualité lui soient des guides ludiques, modernes  et adaptés à leurs attentes. Cette « Génération Y » a en effet hérité de sa jeunesse connectée deux besoins essentiels : trouver immédiatement l’information sans en avoir anticipé le besoin et pouvoir collaborer à une communauté de « sachants » sans pour autant aimer travailler en groupe.

Logigrammes obscurs

Pourtant, nombre d’entreprises continuent à vouloir transmettre le « savoir Qualité » au travers de logigrammes obscurs, de classeurs à leviers défraîchis ou de pyramides du savoir poussiéreuses. C’est ignorer que nos jeunes collaborateurs sont devenus des Consommateurs de Management et  des Consommateurs de Savoirs. Nos entreprises doivent y répondre en utilisant le langage et les outils de cette « Génération Y »: le Réseau Social interne doit ainsi remplacer l’Intranet, le clip vidéo doit remplacer la procédure, le Smartphone doit permettre d’accéder instantanément aux bibliothèques de références et aux questionnaires d’évaluation et le e-learning doit devenir ludique. Enfin, et cela va devenir essentiel, le Crowdsourcing interne doit devenir l’élément clef de la stratégie d’appropriation et d’amélioration continue.

Puis, au-delà de ces nouvelles pratiques, le Management de la Qualité doit au plus vite intégrer que cet esprit de « Consommateurs Internes » va créer une nouvelle catégorie de Clients. Et ce sont ces clients internes, dont le niveau de satisfaction sera de plus en plus mesuré (ISO 26000, indices Great Place To Work, évaluation VIGEO), qui feront demain la vraie valeur des entreprises les plus performantes.  

Contre-culture Qualité 

Jamais les Managers de Systèmes Qualité n’ont disposé d’autant d’outils permettant, à un coût de plus en plus faible, d’impliquer chacun de ceux qui rejoignent les entreprises. Reste à ce que ces Managers ne demeurent pas figés dans leurs réflexes de Managers 1.0 au risque de laisser naître une « contre-culture Qualité » faites de réseaux parallèles extrêmement efficaces et créatifs mais… non maîtrisés.

 

Jérick Develle