Quand les patients deviendront  leur propre médecin…


Google vient d’annoncer investir massivement dans le développement de capsules 2000 fois plus petites qu’un globule rouge et dont la nanotechnologie permettra d’émettre en temps réel des informations sur les paramètres vitaux de celui qui se fera injecter l’objet.

A Nice, des chercheurs français viennent de mettre au point une technologie permettant de détecter plusieurs années à l’avance les signes précurseurs d’un cancer potentiel.

Un peu partout dans le monde on commence à utiliser des imprimantes 3D pour reproduire un éclat de vertèbre ou de phalange avant réimplantation et on réfléchit à la possibilité d’utiliser cette technologie pour imprimer de la peau ou même un organe…

L’accélération de l’impact de la technologie sur la santé humaine commence à générer des espoirs (ou des craintes) concernant un allongement exponentiel de l’espérance de vie qui pourrait pour certains (c’est par exemple mon point de vue) doubler en deux générations.

Cette situation en perpétuelle évolution, associée à la multiplication sur le net de forums d’échanges de données et de conseils médicaux, pourrait laisser à penser qu’en multipliant les capteurs les plus précis et en les couplant à des metamoteurs de données doués d’une réelle intelligence artificielle il pourrait devenir possible pour le patient d’être son propre médecin…

Mais je crois profondément qu’il n’en sera rien.

Ayant en effet observée de fort prés récemment la détresse d’une jeune Médecin et néanmoins Maman face à la maladie de son enfant il m’est apparu comme une évidence que la seule chose que ne sauront pas faire les machines pendant longtemps encore (et heureusement) ce sont les choix froids et puissants dictés par le serment d’ Hippocrate, c’est aussi la capacité à prendre du recul face à la douleur parfois nécessaire, c’est encore le pouvoir de savoir parfois ne pas guérir mais donner du temps de vie sereine et c’est surtout la maîtrise de la serendipité médicale qui fait qu’au travers de l’éclat d’un regard, de la vibration d’une voix ou de la douceur d’une main dans celle de son patient un médecin absorbe, transforme, analyse et retransmets bien plus d’énergie vitale que tous les robots de monde et cela pour encore bien longtemps.

 

Jérick Develle

Evolution de la pyramide des âges aux Etats Unis entre 1950 et 2060 mise en perspective avec les données européennes.


En 2060 la moyenne d’âge aux Etats Unis sera de 41 ans (37 ans en ce moment) pour 420 millions d’habitants.

C’est l’immigration massive (Hispanique en majorité) qui permettra au pays de disposer d’une des populations les plus jeunes parmi les pays développés.

 

 

En France, si les tendances démographiques récentes se maintiennent, la population sera de 73,6 millions d’habitants en 2060 (une personne sur trois aura ainsi plus de 60 ans) et la moyenne d’âge sera de 45 ans.

A l’horizon 2060, la moitié des pays membres verraient leur population continuer à croître (dont le Royaume-Uni et la France), pendant que l’autre moitié connaîtrait une diminution (dont l’Allemagne). En conséquence, c’est le même trio de tête que l’on retrouverait en 2060, mais dans un ordre inverse (Royaume-Uni, France et Allemagne). La France dépasserait l’Allemagne sur le plan démographique entre 2045 et 2050. Ces bouleversements auront, à n’en pas douter, des répercussions sur les équilibres politiques entre Etats membres (le nombre de députés européens de chaque pays est fonction de sa population).

L’âge médian dans l’UE passera de 40,1 ans en 2010 à 49,3 en 2060. Les disparités seront énormes :

  • La France verra son âge médian passer de 40 à 44 ans (quatrième âge médian le plus faible).
  • L’Allemagne verra son âge médian passer de 44.3 à 54 ans (!) soit 10 ans de plus que la France. L’Allemagne est au même niveau que l’Espagne. Le Portugal a la palme avec 55.1 ans.

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Jérick Develle

Data :
La population européenne par rapport à la population mondiale: tableaux et graphiques
http://www.cosmovisions.com/TableAgeMoyen.htm
http://www.gwu.edu/~forcpgm/Ortman.pdf

Petit déjeuner débat avec Marisol Touraine ce matin au Conseil Constitutionnel organisé par l’Institut Montaigne autour de la Stratégie Nationale de Santé


Intervention de la Ministre extrêmement claire et décidée ! Je suis finalement plutôt en confiance avec son leadership et sa vision.

Par contre je trouve qu’elle gagnerait à être un peu moins « contrôlée » (un peu distante et cassante dans ses réponses).

Mais manifestement que l’on soit de gauche ou de droite, être Ministre de la Santé nécessite d’avoir une vraie et forte structuration intellectuelle bien au delà de ce que l’on demande à un « Politique » classique.

Voici quelques phrases notées à la volée :

  • Nous avons tendance à faire montre d’un pessimisme excessif alors que notre système est un des meilleurs du monde. Le budget de la sécurité sociale est supérieur au budget de l’état. 2 millions de français travaillent directement ou indirectement dans la santé.
  • Défis : Allongement espérance de vie et apparition de maladies chroniques liées à l’allongement de la vie.
  • Inégalité sociale face à la santé. L’écart d’espérance de vie entre les catégorie sociale ne s’est pas réduit « Habitant à un bout ou à l’autre du RER B, vous avez statistiquement 2 ans d’espérance de vie d’écart »
  • La démocratie sanitaire passe par une bonne information des patients potentiels et doit être garantie par la puissance publique. Très bientôt mise en place d’un site d’information de la santé qui fait suite à la suite d’un site sur les médicaments et les établissements.
  • Structuration de l’ambulatoire : l’enjeu principal est de mieux coordonner autour du patient les structures pour faire en sorte que le passage à l’hôpital ne se fasse pas par défaut.
  • C’est par bassins de vie que doivent se structurer les offres de soin
  • En France il faut de 7 à 10 ans pour faire passer une innovation dans les pratiques de soins. C’est 18 mois aux US.
  • Innovation accessible à une prise en charge collective: quelle répartition de la prise en charge de la recherche.
  • Les français monteront beaucoup plus vite que les autres aux créneaux en cas d’accident de santé lié à des risques médicaux/techniques non maîtrisés
  • Les règles changent année après année ? Oui, ok mais pour nous aussi elles changent année après année. Nous devons tous nous adapter
  • Quel prix est on prêts collectivement à payer pour la découverte d’un traitement allongeant de quelques semaines la durée de vie en cas de Cancer. C’est un débat que nous avons du mal à aborder dans le cadre du débat sur le « coût de l’innovation médicale ».
  • L’hôpital est dominant et c’est une question de culture. Ce qui est le plus dur à faire changer ce sont les blocages culturels…
  • Les pôles de sante représentent l’avenir. L’hôpital doit être le troisième recours après le médecin généraliste puis le spécialiste.
  • Au sujet des clauses de désignation (complémentaires santé) : Je n’accepte pas que l’on dise que je ne respecte pas les choix du Conseil Constitutionnel. Les clauses de désignation existaient depuis très longtemps . Il faudrait me croire stupide pour ne pas comprendre le débat. C’est le Conseil Constitutionnel qui tranchera.
  • Question d’un patient chronique : « à quoi servons nous en dehors d’être un coût dans la société ». La réponse : la concertation sera la clef avec d’une part un appel d’offre autour de la mise en place d’une aide à la complémentaire santé et par ailleurs les « contrats responsables et solidaires ». 
  • J’ai la profonde conviction que nous devons passer à un nouveau stade (après l’étape 2002) de la démocratie sanitaire.

 Jérick Develle

Les secteurs créateurs d’emplois à moyen terme


Une étude du Centre d’Analyse Stratégique  (Service du Premier Ministre) vient d’être publiée concernant les secteurs créateurs d’emplois à moyen terme en France.

La description de l’impact sur la productivité des différentes crises passées est très intéressante pour simuler ce que nous vivons.

La prospective concernant les secteurs à forts potentiels de création d’emplois (ou pas…) n’est pas révolutionnaire mais permet certainement d’anticiper et d’affiner nos analyses.

La Suisse en tête du WEF Global Competitiveness Report 2010-2011


Le World Economic Forum vient de publier son classement 2010-2011 des pays les plus compétitifs. Comme l’an dernier, la Suisse arrive en tête alors que la France se situe à la 15eme position.

Le rapport est établi sur la base de 12 paramètres de compétitivité économique :

  • La qualité des Institutions
  • La qualité des Infrastructures
  • L’environnement macroéconomique
  • La Santé et l’Education
  • L’enseignement supérieur et la formation
  • L’efficacité du marché des biens et services
  • L’efficacité du marché du travail
  • La modernité du marché financier
  • Le niveau de maitrise technologique
  • La taille du marché
  • La sophistication des affaires
  • L’Innovation

Wef Global Competitivess Report

World Economic Forum – Maroc Octobre 2010


 

wefQui n’a pas entendu parler du Forum de Davos où chaque année l’on observe attentivement les membres du World Economic Forum donner la température du monde international des affaires et transmettre des messages plus ou moins bien acceptés aux représentant des gouvernements qui viennent s’y exprimer.

Davos n’est pas la seule occasion pour le World Economic Forum de réunir ses membres. D’autres Forum régionaux se déroulent tout au long de l’année sous la même forme et concernent :

. L’Amérique du Sud  (Colombie en Avril 2010) ,
. L’Afrique (Tanzanie Mai 2010) ,
. Asie (Vietnam en Juin 2010),

Cette semaine au Maroc se réunissaient dans le même cadre les pays dit du MENA (Moyen Orient et Pays du Nord de l’Afrique) .
Voici en quelques mots la synthèse de ce que j’y ai entendu et ressenti.

Commençons par l’accueil réservé au W.E.F. par le Maroc : Extrêmement professionnel (même si les retards des officiels semblent avoir un peu crispé l’organisation) et reconnu par l’ensemble des participants.

Le discours du Roi du Maroc Mohamed VI lors de la cérémonie d’ouverture fut, à mon avis, un des temps fort de ce WEF : fermeté sur les valeurs, sur le respect de la différence et vision prospective très claire des choix de développement du pays (éducation, place des femmes, énergie renouvelable en tant que projet industriel, recherche,…)

Parmi les sujets forts traités durant le WEF :

La place des femmes dans le développement économique des pays du MENA : Il est fort intéressant de constater que cette région du monde est en pointe en ce qui concerne le débat autour de la place des femmes dans le développement social, culturel et économique (mais aussi une des régions les plus en retard sur ce point).

De façon très pragmatique (et qui pourrait apparaitre, plus au Nord, comme politiquement incorrecte), les entreprises ne cherchent pas ici à nier les contraintes des femmes (vie quotidienne, maternité) mais à s’adapter (en demandant d’ailleurs à des spécialistes comme Adecco de réfléchir aux méthodes permettant de le faire) pour  conjuguer « vie de femme »  et carrière réussie.

Autre illustration de l’importance des femmes dans la stratégie de croissance de la région MENA: le rôle essentiel que la stabilisation économique des femmes (par exemple grâce au travail à domicile dans certaines zones isolées) peut jouer dans la limitation de l’exode migratoire des jeunes générations qui appauvrissent le potentiel de leurs pays en s’exilant pour apporter plus de confort à court terme à leurs familles.

Autre point fort le rôle fondamental de l’investissement dans les infrastructures : Carlos Ghosn a été brillant dans sa capacité à illustrer les raisons de l’implantation d’une usine Renault-Nissan à Tanger au Maroc. Le débat a été riche entre les partisans d’un Etat prenant à son compte la gestion des infrastructures et ceux partisans d’un libéralisme affirmé dans ce domaine. Nombre d’observateurs faisant finalement remarquer que dans les pays les plus libéraux de l’Ouest ou du Nord, les choix d’investissements en termes d’infrastructures restent bien souvent le cœur des taches régaliennes des Etats.

Quoi qu’il en soit pour Carlos Ghosn, la résilience économique des pays du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA) requiert une coopération régionale “efficace”(thème repris très souvent par les intervenant autour de la notion de « l’Union Maghreb » qui se heurte au sujet du « Sahara Marocain »).

The Next Iraq

L’Irak était représenté lors du WEF et j’ai été très impressionné par les efforts du Premier Ministre du Kurdistan Irakien pour convaincre l’auditoire des opportunités que ce pays représente pour les entreprises internationales.  Il lui fut bien difficile d’être totalement convaincant concernant la notion de stabilité et même tout simplement de sécurité .

La question de la condamnation à mort de Tarek Aziz n’a pas été éludée et Barham Salih s’est clairement présenté comme « personnellement opposé à la peine de mort ».

Les échanges ASIE – MENA : un des moments fort de ce WEF. Le poids des échanges commerciaux entre l’Asie et les pays de la zone MENA ne cessent de progresser. Bien évidement le poids des importations chinoises pèsent lourd dans la balance mais cela ne saurait masquer le rôle croissant des pays du Nord de l’Afrique en tant que terre d’accueil d’industries et de services venant en particulier de l’Inde. Ainsi, l’Inde considère les pays francophones, du Nord de l’Afrique comme une plateforme d’accès aux marchés de la France et des pays du Benelux. De même l’Egypte apparait comme l’un des pays proches de l’Europe où la maitrise de l’Anglais professionnel est la plus aboutie.

La question des flux migratoires fut elle aussi source de débats autour d’une part du dossier de l’Union de la Méditerranée, qui pourrait représenter un facteur d’équilibre en la matière, et d’autre part et plus étonnamment dans la nécessité pour les pays de la région de convaincre leurs compatriotes les plus qualifiés de revenir travailler au sein de l’économie de leur pays. Le rôle potentiel des entreprises internationales de recrutement et de staffing telles qu’Adecco a bien été mis en avant comme facteur de fluidité dans la gestion de ces « retours au pays».

La crise financière ait relativement épargné la région MENA , pourrait apparaitre comme une bonne nouvelle. Les analystes sont au contraire bien plus critiques et mettent en avant l’absence de réelle place financière d’envergure dans la région. Le projet de création d’une place financière à Casablanca prend tout son sens. Liberté, Droits de l’Homme puis développement ou développement au service de la démocratie : Le débat a eu lieu mais à fleurets mouchetés mais fut parfois vif et transparent. De toute façon les saillies des bloggeurs qui tweetaient à longueur de journée sur le hashtag du WEF ne pouvait pas permettre de laisser le sujet de côté. Il m’a semblé que sur ce sujet sensible, le discours du Roi du Maroc énonçant la lute contre la pauvreté ainsi que l’investissement dans l’éducation comme des priorités absolues à la fois pour les états du Nord comme du Sud mais aussi pour les investisseurs du monde entiers « lorsque vous investissez dans la formation dans la région vous investissez dans le développement futur de vos entreprises » résumait assez bien la complexité de l’équation.

 

En matière de formation, une notion assez rarement mise en avant a été soulignée par les anglophones : nous n’atteindrons pas nos objectifs en matière de formation si nous ne commençons pas par à investir dans vos professeurs. Voila qui doit raisonner bien au delà de la région MENA

Pour finir, l’expression d’une très forte attente vis-à-vis du G20 s’est fait sentir. D’un côté, une grande fierté : les pays dit « émergeants» apparaissent clairement comme un des moteurs de la reprise économique mondiale et de l’autre côté une très forte volonté du G90% (90% des pays du monde ne font pas partie du G20 qui pèsent 90% de l’économie mondiale) de se faire entendre.

A ce sujet la montée en puissance de classes moyennes, fières de travailler au développement de leurs pays, et tout à fait en mesure de mener harmonieusement respect des cultures et du progrès humain rend urgent la prise en compte de cette demande afin qu’elle ne se transforme pas en frustration.

Plus d’info dans le Knowledge Corner publié ici http://www.weforum.org/en/events/WorldEconomicForumontheMiddleEastandNorthAfrica/KnowledgeCorner/index.htm

Aux Etats Unis, les Minorités sont plus optimistes que les autres quant à la sortie de Crise


Une étude fort intéressante vient d’être publiée par le PewResearchCenter spécialisé dans l’analyse des évolutions de l’Opinion Publique aux Etats Unis .

Vous en trouverez ci-dessous la présentation intégrale en Anglais mais voici les cinq  principaux enseignements :

  • 62% des américains ont réduit leurs dépenses du fait de la Crise
  • Les Minorités sont plus largement optimistes que les autres quant à une reprise en 2011
  • Le ralentissement (estimé en durée de période de chômage) est de 23 semaines, un record depuis 1970
  • 54 % des américains pensent que la crise n’est pas finie
  • 70% des américains pensent qu’il faudra plus de trois ans pour un retour à la normale
  • 45% des américains pensent que la vie de la génération suivante sera meilleure que la leur (61% en 2002)

Source  PewResearchCenter