La Religion, c’est bon pour la santé ?!


Le nuage d’Eyjafjallajökull m’a imposé trois jours d’attente sur la belle terre Marocaine et m’a ainsi offert trois jours pour prendre mon temps et bien souvent  (dans des files résignées devant les guichets borgnes de l’aéroport) tuer le temps en lisant tout ce qui me tombait sous la main (en l’occurrence rien d’autre que mon iPhone le temps bien court d’une charge de batterie et les journaux marocains de langue française).

Une brève dans un journal local a retenu mon attention : « Le Gouvernement Mauritanien a décidé de faire appel aux érudits musulmans (les Oulémas) pour encourager l’espacement des naissances afin de réduire le taux de mortalité des femmes à l’accouchement » (agence de presse Mauritanienne AMI).

En effet, les Oulémas  ont la capacité de choisir et d’interpréter des versets du Coran afin d’en orienter le sens au service d’une « cause ». Et leurs conseils sont respectés à la lettre dans les familles, y compris sur des sujets aussi intimes.

Religion, prévention et santé feraient-elles cause commune ?
Bien entendu d’aucun, à juste titre, m’opposeront que les morts de l’Inquisition ou ceux des guerres de Religions des trente derniers siècles ne considéraient certainement pas la Religion comme un gage de bonne santé. Et pourtant, il est évident que parmi les règles de vie que les religions ont toujours essayé d’imposer (c’est bien ce mot « imposer » qui pose problème), la prise en compte de la prévention n’est pas négligeable (alcool ou viande de porc dans les régions chaudes, vertus psychologiques des cérémonies de deuil, inhumation rapide ou crémation des corps).

A ce sujet, la science fait en ce moment d’ailleurs un clin d’œil intéressant à la religion.
En effet un médecin français a démontré que les hommes circoncis avaient moins de risque d’attraper le Sida que les autres Attention, bien entendu, ce n’est en rien une vraie solution (le préservatif reste la seule valable) mais, dans des situations extrêmes (zones de grandes pauvreté telles que les townships d’Afrique du Sud), la circoncision à grande échelle présente des résultats tout à fait spectaculaires.

Au lieu de nous imposer des clichés choc sur les paquets de cigarettes et même si, comme chacun le sait, « Dieu est un fumeur de Havane », nos gouvernants devraient peut-être demander conseil aux Oulémas de Mauritanie…

Acheter du sable dans le désert


Il y a maintenant prés de trois décennies, je travaillais au cœur du grand Erg Algérien au milieu de nulle part, l’infini des dunes de sable pour seul horizon. Et pourtant, après l’Eau, la deuxième préoccupation quotidienne de notre équipe de bâtisseurs était de trouver du sable : pas celui qui nous entourait et qui nous étouffait dés que le vent se levait mais celui qui était digne de nos maçons et qu’il fallait aller chercher très loin et à prix d’or.

C’est un peu cette sensation que j’ai au détour de cette décennie, l’abondance de faits et d’événements représente cet infini ondulant de mots et d’images sans perspective alors que l’énergie à déployer est immense pour garder le recul et le bon sens nécessaire à la clairvoyance.

Ainsi, retournons nous un instant sur les dunes de ces 10 années passées et sur les événements qui, pour moi, les ont marquées comme des traces de pas sur le sable :

D’abord en matière d’économie, trois événements majeurs : la Chine s’est éveillée et rythme nos choix d’investissement en espérant qu’elle ne rythme jamais nos choix politiques, l’Euro est heureusement devenu notre monnaie et nous permet de conserver l’impression de notre indépendance et, à quelques années d’intervalle, Bulle internet et Bulle financière nous ont rappelé que les arbres ne montaient pas jusqu’au ciel.

Du point de vue scientifique, le tant attendu vaccin contre le Sida n’a pas vu le jour mais, fort heureusement, les progrès réalisés par les antirétroviraux ont permis des progrès spectaculaires mais qui restent réservés aux pays les plus riches pendant que l’Afrique fait face à une épidémie dramatique dont les 10 prochaines années nous diront si son exceptionnelle résilience en vient à bout.

La nature a malheureusement (ou heureusement) tenu ses promesse et est restée naturellement dangereuse enchainant Canicule imprévisible, Grippe atypique et Tsunami dévastateur et tout cela en laissant trompeusement penser à l’Homme qu’il pouvait avoir sur elle une réelle influence.

Du point de vue politique et alors que nos démocraties se délectent de leurs nouveaux gladiateurs de papiers glacés adorant passer des Lofts télévisés, aux plages ensoleillées décor des nouvelles affiches électorales à la une des magazines, une magnifique carrure puissante et souriante émerge des dix années passées. Je ne sais pas ce que Barak fera de son destin mais quoi qu’il en soit l’arrivée d’Obama à la tête de la première puissance du monde restera une de mes grandes sources de foi dans l’humanité quelques décennies seulement après que ce pays ait émergé de la ségrégation raciale la plus sombre.

Bien sûr je pourrai aussi parler de la guerre de Religion qui a embrumé toute la décennie. Je ne le ferai pas car je n’y vois pas de grande différence avec ce que nous avons vécu au cours des 200 décennies précédentes.

Non, je préfère finir par ce qui aura pour moi marqué la décennie écoulée et qui marquera à n’en pas douter la prochaine : la mise à disposition immédiate et sans limite de l’information brute et gratuite.

La naissance des Wikipedia, MSN, Facebook ou Twitter, le tout orchestré par un Google planétaire et omniprésent fait de chacun et chacune d’entre nous le commentateur dangereusement confiant d’une actualité qui se nourrit bien souvent d’elle-même et dont les nouveaux experts sont de moins en moins idéologiquement identifiés et donc de plus en plus habiles à piloter les consciences de ceux qui ne sauraient pas user des seules clefs permettant de surfer sans sombrer : le bon sens, le respect mutuel et l’anticipation.

Face à ce magma de faits, d’événements et d’informations mis à la disposition de chacun, en temps réel et à la vitesse de la lumière, la tentation du « hérisson en boule au milieu de l’autoroute » gagne nombre d’entre nous.

Seuls ceux qui continuent à regarder horizon, anticipant pour ne pas subir, sauront utiliser au mieux ces magnifiques ressources mises à leur disposition pour faire progresser leurs organisations, satisfaire les attentes souvent non émises ou encore inconscientes de leurs équipes ou de leurs clients.

Nous venons de vivre 10 années bouleversantes de diversité, de cruauté comme de tendresse, de tristesse comme de beauté et d’espoir, les 10 prochaines s’annoncent bien plus dangereuses et sombres pour ceux qui seront seuls et isolés et bien plus belles, créatives et ensoleillées pour ceux qui seront à l’aise dans leur communauté, forts de leur capacité d’anticipation, de formation et d’adaptation à l’évolution permanente de leur environnement.

C’est certainement la chance, mais aussi la principale responsabilité, que nous avons dans notre entreprise : faire vire et grandir une communauté créative, solidaire et ouverte au sein d’un groupe puissant. C’est comme cela que nous avons traversé fièrement la décennie des années 2000 et c’est comme cela que nous traverserons avec plaisir, efficience et sérénité les 10 années à venir.

Je vous souhaite une décennie 2010 pleine de plaisirs, de réussites, de découvertes, de rencontres, de solidarité et de bon sens !

Le chèque Contraception de la Région Poitou-Charentes : lettre ouverte à ma fille…


Bonjour ma grande, tiens voilà longtemps que nous n’avons pas parlé tous les deux de contraception. Finalement et pour tout dire, le sujet est devenu tellement libre, que je me demande même si j’en ai déjà parlé sérieusement avec toi partant bêtement du principe que tu pouvais facilement trouver des infos toi-même…

Mais tu vois, nos discussions récentes sur les vaccins (H1N1 oblige) et sur l’intérêt du Gardasil contre les infections virales du col de l’utérus ajouté à l’idée venant de la région Poitou-Charentes de mettre à la disposition des lycéennes un chèque « contraception » m’amène tout de même à te poser une question qui me fait frissonner : « dis donc ma fille, est il bien clair pour toi que ni le Gardasil,  ni la « pilule » ne protègent contre le Sida ??!! »

Je te vois déjà lever les yeux au ciel et grommeler « Papaaaaaa » en tournant la tête et les talons… et pourtant, si tu savais… si tu savais comme il était simple et libre d’avoir ton âge quand j’avais ton âge et comme il est difficile d’imaginer d’avoir ton âge quand on a le mien…

J’ai passé l’après-midi d’hier dans un endroit tout simplement exceptionnel, une association magnifique « Dessine-moi un mouton » (pour les petits) et « Tag le mouton » (pour les ados), cette association s’est donné pour but d’apprendre à des enfants nés avec le Sida ou nés de parents ayant le Sida ou encore ayant attrapé de Sida avant d’être devenu grands comment on peut aborder la vie malgré/avec cette maladie et vivre avec le respect de toutes les contraintes qu’un traitement efficace contre le Sida impose. Je vais essayer d’aider au mieux l’équipe de cette association et les parrainant auprès de la Fondation Adecco mais, en les écoutant, j’ai beaucoup pensé à toi, à ton frère et à ta sœur et je me suis dit qu’il était temps que je t’écrive pour te crier très fort que cette maladie rode toujours même si l’on en parle moins et que la vraie seule façon de s’en protéger n’est pas la contraception mais le Préservatif !

Alors ma grande quand un beau garçon te dira «pas besoin de préservatif, j’ai confiance en toi » sauve toi en courant en pensant qu’il a dit la même chose la veille à une autre fille… et n’oublie jamais que si tu faisais un jour la bêtise, l’erreur, la faute, de passer au travers de ce conseil (et je comprends que cela puisse arriver), il est possible (et vital) de bénéficier discrètement à l’hôpital d’un traitement d’urgence « post exposition » à base d’antiviraux spécifiques pendant quelques mois.

 Lis et relis tout cela ma grande, il en va de ta vie et donc de la mienne !