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Digital et Management, le grand écart ?

Mis en avant


TitreLesEchosLe Conseil d’analyse économique vient de publier une note tout à fait passionnante sur l’économie numérique. Nicolas Colin, Augustin Landier, Pierre Mohnen et Anne Perrot y passent en revue les enjeux du pays face aux défis réglementaires, aux nécessaires investissements en matière d’infrastructures et aux impacts du digital sur l’emploi.

Mais, à aucun moment, n’est évoquée l’urgente prise de conscience de l’écart grandissant entre le management traditionnel (fait trop souvent de hiérarchie compartimentée, de centralisation de l’innovation et de segmentation des compétences) et les nouvelles formes de pilotage agile nécessaires aux managers d’équipes à « Culture digitale » qui feront la réussite de nos entreprises quel qu’en soit le secteur.

Or, le défi est immense, car à la fois tout a changé et pourtant rien n’est changé. Il serait en effet totalement contreproductif d’imaginer qu’il convient d’abandonner les fondamentaux du management traditionnel : leadership, engagement et délégation écoute et feedback, coaching et courage resteront évidemment des clefs essentielles.

Mais, s’il n’y prend pas garde, le manager traditionnel habitué à ses codes, ses règles et ses usages 1.0 va très vite se faire absorber, dissoudre et éparpiller par la culture digitale qui monte en puissance et prend discrètement le pouvoir dans les entreprises.

5 clefs de rupture culturelle qui font les managers 3.0

Recruter autrement

Ce qui fait la puissance des entreprises disruptives, c’est leur réseau ! Les entreprises à réseau traditionnel (emploi, immobilier, distribution…) se heurtent de plus en plus souvent aux entreprises à réseau virtuel (e-commerce bien sûr, mais aussi la déferlante de la mise en réseau des individus [Airbnb, Uber, etc.]).

Mais ces nouveaux réseaux vont, bien plus vite qu’ils ne le souhaiteraient, s’éloigner de l’esprit start-up qui fait leur force (souvent d’ailleurs pour mailler avec des réseaux traditionnels) et vont alors devoir appuyer le maintien de leur capacité d’innovation sur des collaborateurs capables d’animer des Communautés et non plus de piloter des salariés.

Or, le talent d’animation d’une Communauté n’est plus seulement une affaire de compétences, ce sont les Valeurs et les Comportements qui font la différence dans ce domaine et les méthodes traditionnelles de recrutement ne suffisent plus à détecter le Compagnon capable de fédérer les multiples intervenants d’une équipe sur un chantier de BTP ou le développeur d’applications capable d’imaginer les astuces ergonomiques qui séduiront la communauté B to C ciblée.

Seules des techniques évoluées mêlant entretien individuel créatif, évaluation des potentiels d’intelligence émotionnelle et comparaison à des « target profile » permettront de faire les bons choix en s’affranchissant des traditionnels paradigmes clivant de la formation initiale.

Disconnect  to reconnect

La connexion permanente est devenue un fait, une réalité, un extraordinaire potentiel pour le travail collaboratif, mais aussi un piège dans lequel le manager de culture traditionnelle peut très vite tomber.

Oui, nos collaborateurs sont de plus en plus connectés. Oui, ils souffrent d’un « manque » quasi pathologique s’ils n’ont pas accès à leurs réseaux sociaux favoris ou à leur gestionnaire de messages préférés (snapchat, whatsapp, mail, sms…). Oui, il est de plus en plus difficile de leur faire utiliser leur smartphone pour… téléphoner. Et pourtant, il serait illusoire et extrêmement dangereux de confondre la connexion permanente et sujétion permanente !

La responsabilité du manager en la matière est essentielle et la mise en place de chartes claires que nos amis anglo-saxons nomment « Disconnect to reconnect » et qui interdit les mails adressés aux collaborateurs entre le vendredi 14h et le lundi 7h est une nécessité pour protéger les collaborateurs contre eux-mêmes, leur laisser équilibrer vie privée et vie professionnelle.

La mise en place de ces chartes évite aussi bien des malentendus dangereux entre managers traditionnels confondant l’outil et l’usage et des collaborateurs « digitaux » beaucoup plus fragiles qu’il n’y parait.

Projets Hollywood

L’organisation des entreprises en clusters, en start-ups internes, en FabLab autonomes va de plus en plus renforcer la dispersion des équipes en groupes de projets. Un peu comme les équipes d’un film se regroupent le temps d’un tournage dans un studio à Hollywood pour s’éparpiller après le clap final, nos collaborateurs vont passer de plus en plus rapidement du stade de pilote de projet à celui de contributeur, puis à celui d’expert avant d’aborder des phases de formation et même de mobilité. Là encore, la digitalisation de nos organisations va simplifier ces nouvelles pratiques qui vont devenir courantes.

Manager de telles organisations va nécessiter une attention extrême à la phase critique du « passage », de la dissolution, de la profonde rupture qui suit un projet avant la naissance du suivant.

Cette nouvelle qualité de « passeur de Sens » qui permet de synthétiser les acquis pour transmettre alors que l’équipe créatrice s’évapore est une caractéristique du manager des entreprises à culture digitale.

Diversité

Qui peut encore imaginer que la diversité en entreprise n’est pas un levier de performance ?  Plus personne je l’espère… Mais encore faut-il que l’on s’entende sur la notion de Diversité.

En effet, une nouvelle forme de « différence » féroce et génératrice de multiples dysfonctionnements et conflits voit le jour entre les tenants de la « culture digitale » et ceux de la « culture traditionnelle ».

Or, nos entreprises n’ont pas le choix, la diversité culturelle, liée entre autres, à l’âge avec des générations Y et Z d’une part et X d’autre part qui vont devoir cohabiter, et cela plus longtemps que jamais (nous allons pour la première fois, voir trois générations travailler ensemble dans nos entreprises) va obliger à créer, susciter, exiger une nouvelle forme de mixité culturelle assise sur la mise en place d’actions de mentoring et de reverse mentoring et sur des choix de stratégies de formation innovantes.

Oser la disruption interne

Moins de hiérarchie, plus de liberté : l’esprit start-up bouscule le management. Le basculement de la culture de l’effort à la culture de l’instant, mais aussi la montée des multi-carrières souvent concomitantes et favorisées par les outils digitaux oblige les managers à revoir en profondeur leurs méthodes d’évaluation. Continuer à évaluer la réussite sur le chemin emprunté et non sur le résultat obtenu est une erreur aussi « culturelle » que managériale dont les effets en termes de turnover peuvent être dévastateurs.

Or, en parallèle, le mécanisme de prise de décision change (de plus en plus en temps réel, en quatre clics et trois commentaires sur Facebook@work) et le vrai décideur devient celui qui juge et anime le mieux sa communauté de « sachants ».

Le risque est alors évident de voir des managers de talent vivre coupés de leurs équipes, évaluant encore sur des paramètres obsolètes et finalement incapables de continuer à piloter, car devenus étrangers aux vraies lignes de force de leurs équipes.

Nos équipes ont du talent !

Et si finalement la digitalisation de nos process internes, de nos outils de conception et de production n’était que le reflet du talent de nos équipes ? Oui, le management traditionnel est en train d’être dévoré par le digital, mais pour de bonnes raisons, celles qui nous poussent à une perpétuelle remise en cause vers l’excellence et l’efficience.

Oui, le digital permet aux équipes de s’affranchir allègrement des vieux concepts de l’organisation pyramidale pour casser les codes et raccourcir les chemins vers le succès et bien tant mieux !

Le seul vrai écueil à cette spirale vertueuse n’est pas technologique et l’innovation ne suffira pas à le franchir, il est avant tout culturel. La responsabilité de nos entreprises dans la capacité à investir en formation est donc cruciale.

Seules les entreprises qui auront investi suffisamment pour rapprocher leurs équipes de « culture traditionnelle » de leurs équipes de « culture digitale » (en commençant par les managers), seules ces entreprises seront à même de réaliser la transformation digitale qui va leur ouvrir les chemins de la croissance rentable des années 20.

Jérick Develle

Analyse de la consommation issue des médias sociaux aux états Unis.


La progression reste impressionnante et le poids de Facebook dans l’ensemble de la consommation issue des médias sociaux est sans équivalent !

Twitter : d’accord pour le « poids des mots » mais pas pour le « choc des photos »


De nombreux jeunes utilisateurs de Facebook, lassés de voir leurs parents jouer les trolls sur leurs murs, arrivent en masse en ce moment sur Twitter.

Une de leur première découverte est le « poids des mots » lié à la nécessité de rédiger en 140 caractères des phrases compréhensibles par le plus grand nombre.

Fini alors le langage sms ou le simple enchaînement d’onomatopées ponctués de smileys.

Google en a d’ailleurs fait une opportunité en dotant son browser Chrome d’un correcteur orthographique en ligne qui rend bien des services et pas seulement aux plus jeunes…

Mais, alors que les mots reprennent ainsi du sens, une nouvelle et désagréable habitude arrive sur Twitter, celle du « photo-choc » qui permet de faire passer ses « messages » en agressant visuellement par surprise les lecteurs de Twitter dont les dernières versions affichent les liens image sans clic préalable.

Il est ainsi devenu courant d’être assailli par exemple par des images insoutenables d’enfants horriblement mutilés par des éclats d’obus quelque part dans le monde ou (moins grave) par le cliché d’une femme politique française de premier plan donnant l’impression d’avoir bu plus que de raison…

Outre le fait que certaines de ces images sont bien souvent tronquées, trompeuses et invérifiables car non sourcées, elles font courir le risque à Twitter de devenir un nouveau Chatroulette avec toutes les dérives que l’on imagine.

Traversée du désert… numérique


A l’heure où il ne reste plus une seule zone de la terre non explorée, cartographiée ou numérisée je viens de me livrer à une exploration d’un genre nouveau : deux pleines semaines sans autre source
d’informations que quelques minutes de radio chaque jour le temps d’aller chercher un journal tout ce qu’il y a de plus papier, pas de télévision, pas de 3G, pas de Facebook et pas de Twitter.

Deux semaines donc, bien à l’abri dans un chalet d’alpage avec pour horizon le Mont-Blanc, pour fond sonore les cloches des troupeaux d’Abondance, entre randonnées romantiques (avec tout de même un check Foursquare de temps en temps) et des milliers de pages d’une littérature feuilletée chaque soir « à l’ancienne ».

J’avais bien choisi ma quinzaine… entre les émeutes de Londres et Crise boursière.

N’ayant accès qu’une fois par jour à la façon dont l’actualité prenait forme, se développait et retombait comme pluie d’averse je n’en avais qu’une vision figée. Il ne me restait plus que les flaques pour constater qu’il avait plu ou plutôt la taille des titres et la vibration des éditoriaux pour mesurer l’intensité des événements.

De retour depuis quelques heures, replongé goulûment dans les tweet, les post et l’info en continu, je mesure à la fois le bonheur de ces deux semaines de sevrage et la rapidité avec laquelle certaines informations me surprennent parce que je n’en ai pas vécu la genèse. Les images animées me révèlent une analyse que la photo me cachait (la photo de Moubarak en une de la presse il y a dix jours ne montrait pas la flamme qui brille dans ces yeux dés que l’image s’anime) et  l’analyse de l’échec de la communication sur Twitter d’une grande banque française m’éclaire bien mieux que bien des commentaires quotidien du cahier saumon du Figaro.

J’entends déjà quelques voix monter pour me traiter d’incorrigible Geek, Dweeb ou même Dork

Et bien non, tout simplement je suis interpellé : Interpellé lorsque je comprends le poids que prend l’Instant dans notre compréhension du monde, Interpellé du plaisir que j’y prends, Interpellé de voir que la mise à disposition instantanée de l’information commence à avoir un impact significatif sur le fonctionnement de nos cerveaux (lire « conséquences cognitives de l’accès simplifié à l’information« ), Interpellé surtout de savoir que les premières conclusions de « l’Agenda Numérique Européen 2020« ,  piloté par la Commission Européenne, envisagent que face à la progression exponentielle des besoins le niveau de débit d’accès aux contenus internet pourrait  dépendre du choix et des subsides des annonceurs intégrés aux dits contenus. Ceci évidement signifiera que les zones les moins peuplées du territoire seront les moins « intéressantes » donc les moins rapides et donc les moins rapidement « informées ».

Dépechez-vous de choisir vos périodes de sevrage numérique de peur que d’autres ne vous les imposent sans que vous n’y soyez préparés…

Twitter Tricks and Tips : Mesurer votre niveau de présence


Que vous soyez actif sur les Réseaux Sociaux par pur plaisir ou avec un objectif professionnel  (stratégie produits, marque employeur, recrutement, dialogue vos clients ou vos collaborateurs, etc..) vous aurez très rapidement l’envie de disposer d’indicateurs de suivi de votre présence.

Je ne m’intéresse ici qu’aux outils gratuits mais la plupart d’entre eux disposent d’un niveau Prémium.

Socialchiefs

Un nouvel outil d'évaluation qui a la mérite de prendre en compte à la fois Facebook, Twitter et LinkedIn. Encore peu de participant et trés centré pour le moment sur les US mais l'outil semble prometteur.

 

PeerIndex

Un nouvel arrivant (un de plus) qui va vous offrir une mise en perspective graphique de vous sujets préférés et vous propose une analyse rapide des sources que vous privilégiez.

TwitterCounter

Analyse graphique fort complete de vos principales statistiques sur Twitter avec des informations predictives à court et moyens termes sans grand interet

Grader

Un des plus succints et dont la valeur ajoutée n'est pas vraiment évidente.

Tweetmetrics

Analyse sobre et efficaces de vos statistiques Twitter

TeetEffect

Cet outil est un peu à part dans la liste. Il ne concerne pas votre compte Twitter mais au contraire chacun de vos Tweets et analyse leur impact sur la perte ou le gain de followsers.

Followerwonk

Rien ne vaut une bonne comparaison pour remettre en cause vos statisitiques. Centré sur Twitter et plutôt efficace

Twitalyzer

Pas particuliérement innovant et orienté Twitter. Quelques analyses comparées interessantes

mentionmap

Un trés bel outil d'analyse graphique de vos relations avec vos followers et de leurs relations entre eux.

Klout

Mon préféré pour finiri et certainement un des outils les plus performants et qui intégre Twitter et Facebook mais pas LinkedIn pour le moment (à venir ainsi que Foursquare). A noter que le score Klout est de plus en plus intégré dans les clients Twitter (Hootsuite par exemple).

Conférence G9+ : Les NTIC dans le travail des cadres, des risques et des opportunités?


Convié par l’association G9+ à débattre à la Maison des ESSEC à PARIS autour de l’impact des NTIC dans la vie quotidienne des cadres, j’ai accepté d’abord par curiosité puis,  très vite, alerté pas les sujets du débat, par « militantisme » .
Comment pouvait-on encore se poser la question de l’impact des NTIC en évoquant des mots comme « tyrannie », « stress », « immédiateté nuisible » alors que depuis des années, je n’y vois que liberté, gain de temps, créativité et pour tout dire plaisir.
Au final, une table ronde plutôt sage et bien organisée face à un public nombreux et attentif parmi lesquels nombre d’anciens de l’Essec et des  Arts & Métiers.

Nous étions six conférenciers fort différents.

  • Caroline Bettini, HR Manager France and  Western Europe chez Lenovo, a apporté un éclairage trés orienté RH et une analyse des mérites comparés des organisations matricielles
  • Matthieu Billette de Villemeur Webmaster site teletravail.fr et auteur de « le télétravail comment gagner sa vie en restant chez soi aux éditions Vuibert . Passionnant chef d’entreprise qui conseille le département du Cantal dans ses investissements technologiques visant à accueillir des entreprises de télétravail.
  • Bruno Brochenin, auteur de l’ouvrage  « Où va l’entreprise Organisation et dérives » éditions  Eska, excellent dans ses mises en perspectives historiques et son approche décalée du management.
  • Jacques Delga Professeur Honoraire Département  Droit et Environnement de l’entreprise ESSEC coordonnateur d’un ouvrage collectif paru aux éditions  Eska «Souffrance au travail dans les grandes entreprises » et avocat à la Cour d’appel de Paris. Il nous a rappelé les principes fondamentaux du Droit appliqués aux données numériques utilisées dans les entreprises.
  • Le Dr Bernard Salengro,  Médecin du travail  en charge du stress au travail au sein de la CFE-CGC, et qui a su rappeler les risques pris, en matière de Santé au Travail, par les entreprises ne maitrisant pas la mise en œuvre des nouvelles technologies de la communication.