Mon tweet-hebdo de la semaine

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passeur

Traversée du désert… numérique


A l’heure où il ne reste plus une seule zone de la terre non explorée, cartographiée ou numérisée je viens de me livrer à une exploration d’un genre nouveau : deux pleines semaines sans autre source
d’informations que quelques minutes de radio chaque jour le temps d’aller chercher un journal tout ce qu’il y a de plus papier, pas de télévision, pas de 3G, pas de Facebook et pas de Twitter.

Deux semaines donc, bien à l’abri dans un chalet d’alpage avec pour horizon le Mont-Blanc, pour fond sonore les cloches des troupeaux d’Abondance, entre randonnées romantiques (avec tout de même un check Foursquare de temps en temps) et des milliers de pages d’une littérature feuilletée chaque soir « à l’ancienne ».

J’avais bien choisi ma quinzaine… entre les émeutes de Londres et Crise boursière.

N’ayant accès qu’une fois par jour à la façon dont l’actualité prenait forme, se développait et retombait comme pluie d’averse je n’en avais qu’une vision figée. Il ne me restait plus que les flaques pour constater qu’il avait plu ou plutôt la taille des titres et la vibration des éditoriaux pour mesurer l’intensité des événements.

De retour depuis quelques heures, replongé goulûment dans les tweet, les post et l’info en continu, je mesure à la fois le bonheur de ces deux semaines de sevrage et la rapidité avec laquelle certaines informations me surprennent parce que je n’en ai pas vécu la genèse. Les images animées me révèlent une analyse que la photo me cachait (la photo de Moubarak en une de la presse il y a dix jours ne montrait pas la flamme qui brille dans ces yeux dés que l’image s’anime) et  l’analyse de l’échec de la communication sur Twitter d’une grande banque française m’éclaire bien mieux que bien des commentaires quotidien du cahier saumon du Figaro.

J’entends déjà quelques voix monter pour me traiter d’incorrigible Geek, Dweeb ou même Dork

Et bien non, tout simplement je suis interpellé : Interpellé lorsque je comprends le poids que prend l’Instant dans notre compréhension du monde, Interpellé du plaisir que j’y prends, Interpellé de voir que la mise à disposition instantanée de l’information commence à avoir un impact significatif sur le fonctionnement de nos cerveaux (lire « conséquences cognitives de l’accès simplifié à l’information« ), Interpellé surtout de savoir que les premières conclusions de « l’Agenda Numérique Européen 2020« ,  piloté par la Commission Européenne, envisagent que face à la progression exponentielle des besoins le niveau de débit d’accès aux contenus internet pourrait  dépendre du choix et des subsides des annonceurs intégrés aux dits contenus. Ceci évidement signifiera que les zones les moins peuplées du territoire seront les moins « intéressantes » donc les moins rapides et donc les moins rapidement « informées ».

Dépechez-vous de choisir vos périodes de sevrage numérique de peur que d’autres ne vous les imposent sans que vous n’y soyez préparés…