Le plafond de l’espérance de vie désormais atteint ?


(Source AFP)

Des chercheurs français estiment que l’augmentation de l’espérance de vie, qui stagne depuis quelques années, aurait atteint une « barrière physiologique ».

Publiée par la revue américaine Journal Of Gerontology, une étude de l’Institut de recherche biomédicale et d’épidémiologie du sport (Irmes) laisse à croire que la durée de l’espérance de vie chez l’homme est parvenue à ses limites.

En passant en revue les 1205 super-centenaires connus dans le monde et décédés entre 1899 et 2013 ainsi que les 19012 athlètes ayant participé aux jeux-olympiques depuis 1899 et décédé avant la fin de l’année 2013, les chercheurs ont observé un plafond s’établissant aux alentours de 115 ans pour les super centenaires et 85 ans pour les athlètes. Pour les scientifiques chargés de l’enquête, cette découverte renforce l’idée d’une vie à la « durée limitée ».

Selon Juliana Antero-Jacquemin, qui a dirigé les recherches, le plafond observé amène à croire « qu’il existe une barrière physiologique en voie d’être atteinte, à la croisée des interactions entre un patrimoine génétique constant et un environnement qui se dégrade », et ce malgré l’adoption d’un mode de vie sain et actif. Les chercheurs ont toutefois reconnu la petite taille de l’échantillon ainsi que celle de la période d’observation : la tendance pourrait alors n’être que transitoire.

Transition ou non, le nombre de centenaires a considérablement augmenté ces dernières années dans les pays occidentaux et notamment au Japon qui en comptait 55.000 l’année dernière. Le record de longévité reste toutefois détenu par la française Jeanne Calment, décédée en 1997 à l’âge très avancé de 122 ans. Dans le pays l’an passé, ils étaient 16.200 individus à avoir dépassé le siècle de vie, témoignant du vieillissement de la population.

Je reste persuadé que l’évolution de la technologie (thérapie génique, nanotechnologies, impression 3D des tissus humains,…) promet aux enfant nés au cours de cette décennie une espérance de vie de plus de 150 ans et laisse présager l’éventualité de « la fin de la Mort », mais… qui aura peut-être le même destin que la « fin de l’Histoire » 😉

Jérick Develle

 

 

Emploi : ruptures technologiques et opportunités

Mis en avant


Se pencher sur les cinquante dernières années en matière de lien entre l’emploi et la technologie peut vite donner le vertige.

Jamais en effet une période de l’histoire de l’humanité n’a connu une telle accélération des pratiques professionnelles  (féminisation, tertiarisation, informatisation, prise de conscience de la nécessité d’une vraie politique de santé au travail, mécanisation croissante des tâches sans valeur ajoutée humaine, fin du contrat à durée indéterminé comme forme unique de relation sociale, mondialisation des échanges, migration Nord/Sud puis Est/Ouest, capacité à travailler à distance, …)

Et pourtant j’ai le sentiment que les 10 prochaines années, en une sorte de contraction de l’espace-temps professionnel, vont enchaîner des ruptures technologiques majeures qui vont très vite renvoyer nos pratiques actuelles dans les pages du « catalogue des vieux métiers oubliés ».

La moitié de ces innovations seront des prolongements directs des progrès exponentiels du partage de l’information (crowd sourcing, internet mobile, Intelligence artificielle, objets connectés, Cloud) , trois viseront à libérer l’homme des contraintes de l’interaction homme / machine (imprimantes 3D, micro-robotique, transport automatisé) , quatre autres concerneront l’énergie (montée en puissance des énergies renouvelables, amélioration du stockage de l’électricité, exploration subtile des hydrocarbures), deux concerneront les nouveaux matériaux (composites et nanotechnologie), et la dernière touchera à la génétique (séquençage ADN, prévention avancée, production agricole optimisée) .

Bien entendu, d’une façon ou d’une autre, l’ensemble de ces innovations tireront parti des progrès constants de l’informatique et de sa capacité à ne plus représenter qu’un coût marginal dans la mise à disposition des innovations du plus grand nombre mais pour relever ces défis technologiques majeurs, nos entreprises vont devoir évoluer vers d’autres paradigmes de management.

  • Savoir recruter sur les Valeurs et sur les Comportements et non plus simplement sur les compétences : La plus grande cause de départ d’une entreprise est l’ambiance qui y règne.  Cette ambiance est généralement directement liée au niveau de fréquence des conflits internes et ceux-ci sont principalement induits par les comportements non maîtrisés et les valeurs non affirmées.
  • Détecter la capacité des candidats à maîtriser parfaitement la Sérendipité : Face au défi du Big Data, les entreprises les plus performantes seront celles qui saurons le mieux tirer parti de la masse d’informations de tous ordres mise largement à disposition. Savoir faire le tri dans ces informations, mais surtout le faire très rapidement en maîtrisant le hasard de la recherche tout en en gardant la fraîcheur de la découverte va devenir un art numérique d’une grande noblesse mais surtout un avantage concurrentiel décisif.
  • Le poids des mots : Pour savoir trouver il va falloir savoir écrire. Le bon sens numérique n’y suffira plus et la maîtrise des techniques sémantiques va prendre toute sa valeur. Savoir communiquer vite, au travers de peu de mots et en donnant du sens deviendra la clef du management opérationnel.
  • Le choc des images : La Génération qui rejoint nos entreprises et ce moment et qui en fera le succès a été intellectuellement nourrie par l’image. Contrairement aux idées reçues, cette génération dispose à la fois du bon sens et du sens critique vis-à-vis de ces images et elle a bien compris le gain de productivité majeur que la communication par l’image représente en interne pour les entreprises. Les managers ne maîtrisant pas l’image, ses subtilités, ses dangers, ses exigences ne sauront pas attirer et conserver les collaborateurs dont ils ont besoin.
  • L’organisation de communautés de Sachants : alors que les réseaux sociaux internes vont très vite reléguer au rang de d’antiquité les Intranet des entreprises et que les Mooc font devenir le must en matière de formation, le risque de voir s’organiser des « Communautés de Sachants » totalement indépendantes des Processus qualité et de hiérarchies traditionnelles devient de plus en plus fort. L’accompagnement des managers dans la maîtrise en la commutation 3.0 est donc un des défis liés à relever au plus vite.

10 années de découvertes, de remise en cause, de plaisir à anticiper s’offrent à nous. Pour les entreprises la réussite de ces 10 années sera essentiellement basée sur leur capacité à recruter les collaborateurs capables de faire face à la succession de ruptures technologiques qui se profilent.  Reste pour y parvenir à ce que chaque de managers anticipe et sache s’élever au stade de leaders porteurs d’une vision.

Jérick Develle