Quand les patients deviendront  leur propre médecin…


Google vient d’annoncer investir massivement dans le développement de capsules 2000 fois plus petites qu’un globule rouge et dont la nanotechnologie permettra d’émettre en temps réel des informations sur les paramètres vitaux de celui qui se fera injecter l’objet.

A Nice, des chercheurs français viennent de mettre au point une technologie permettant de détecter plusieurs années à l’avance les signes précurseurs d’un cancer potentiel.

Un peu partout dans le monde on commence à utiliser des imprimantes 3D pour reproduire un éclat de vertèbre ou de phalange avant réimplantation et on réfléchit à la possibilité d’utiliser cette technologie pour imprimer de la peau ou même un organe…

L’accélération de l’impact de la technologie sur la santé humaine commence à générer des espoirs (ou des craintes) concernant un allongement exponentiel de l’espérance de vie qui pourrait pour certains (c’est par exemple mon point de vue) doubler en deux générations.

Cette situation en perpétuelle évolution, associée à la multiplication sur le net de forums d’échanges de données et de conseils médicaux, pourrait laisser à penser qu’en multipliant les capteurs les plus précis et en les couplant à des metamoteurs de données doués d’une réelle intelligence artificielle il pourrait devenir possible pour le patient d’être son propre médecin…

Mais je crois profondément qu’il n’en sera rien.

Ayant en effet observée de fort prés récemment la détresse d’une jeune Médecin et néanmoins Maman face à la maladie de son enfant il m’est apparu comme une évidence que la seule chose que ne sauront pas faire les machines pendant longtemps encore (et heureusement) ce sont les choix froids et puissants dictés par le serment d’ Hippocrate, c’est aussi la capacité à prendre du recul face à la douleur parfois nécessaire, c’est encore le pouvoir de savoir parfois ne pas guérir mais donner du temps de vie sereine et c’est surtout la maîtrise de la serendipité médicale qui fait qu’au travers de l’éclat d’un regard, de la vibration d’une voix ou de la douceur d’une main dans celle de son patient un médecin absorbe, transforme, analyse et retransmets bien plus d’énergie vitale que tous les robots de monde et cela pour encore bien longtemps.

 

Jérick Develle

Emploi : ruptures technologiques et opportunités

Mis en avant


Se pencher sur les cinquante dernières années en matière de lien entre l’emploi et la technologie peut vite donner le vertige.

Jamais en effet une période de l’histoire de l’humanité n’a connu une telle accélération des pratiques professionnelles  (féminisation, tertiarisation, informatisation, prise de conscience de la nécessité d’une vraie politique de santé au travail, mécanisation croissante des tâches sans valeur ajoutée humaine, fin du contrat à durée indéterminé comme forme unique de relation sociale, mondialisation des échanges, migration Nord/Sud puis Est/Ouest, capacité à travailler à distance, …)

Et pourtant j’ai le sentiment que les 10 prochaines années, en une sorte de contraction de l’espace-temps professionnel, vont enchaîner des ruptures technologiques majeures qui vont très vite renvoyer nos pratiques actuelles dans les pages du « catalogue des vieux métiers oubliés ».

La moitié de ces innovations seront des prolongements directs des progrès exponentiels du partage de l’information (crowd sourcing, internet mobile, Intelligence artificielle, objets connectés, Cloud) , trois viseront à libérer l’homme des contraintes de l’interaction homme / machine (imprimantes 3D, micro-robotique, transport automatisé) , quatre autres concerneront l’énergie (montée en puissance des énergies renouvelables, amélioration du stockage de l’électricité, exploration subtile des hydrocarbures), deux concerneront les nouveaux matériaux (composites et nanotechnologie), et la dernière touchera à la génétique (séquençage ADN, prévention avancée, production agricole optimisée) .

Bien entendu, d’une façon ou d’une autre, l’ensemble de ces innovations tireront parti des progrès constants de l’informatique et de sa capacité à ne plus représenter qu’un coût marginal dans la mise à disposition des innovations du plus grand nombre mais pour relever ces défis technologiques majeurs, nos entreprises vont devoir évoluer vers d’autres paradigmes de management.

  • Savoir recruter sur les Valeurs et sur les Comportements et non plus simplement sur les compétences : La plus grande cause de départ d’une entreprise est l’ambiance qui y règne.  Cette ambiance est généralement directement liée au niveau de fréquence des conflits internes et ceux-ci sont principalement induits par les comportements non maîtrisés et les valeurs non affirmées.
  • Détecter la capacité des candidats à maîtriser parfaitement la Sérendipité : Face au défi du Big Data, les entreprises les plus performantes seront celles qui saurons le mieux tirer parti de la masse d’informations de tous ordres mise largement à disposition. Savoir faire le tri dans ces informations, mais surtout le faire très rapidement en maîtrisant le hasard de la recherche tout en en gardant la fraîcheur de la découverte va devenir un art numérique d’une grande noblesse mais surtout un avantage concurrentiel décisif.
  • Le poids des mots : Pour savoir trouver il va falloir savoir écrire. Le bon sens numérique n’y suffira plus et la maîtrise des techniques sémantiques va prendre toute sa valeur. Savoir communiquer vite, au travers de peu de mots et en donnant du sens deviendra la clef du management opérationnel.
  • Le choc des images : La Génération qui rejoint nos entreprises et ce moment et qui en fera le succès a été intellectuellement nourrie par l’image. Contrairement aux idées reçues, cette génération dispose à la fois du bon sens et du sens critique vis-à-vis de ces images et elle a bien compris le gain de productivité majeur que la communication par l’image représente en interne pour les entreprises. Les managers ne maîtrisant pas l’image, ses subtilités, ses dangers, ses exigences ne sauront pas attirer et conserver les collaborateurs dont ils ont besoin.
  • L’organisation de communautés de Sachants : alors que les réseaux sociaux internes vont très vite reléguer au rang de d’antiquité les Intranet des entreprises et que les Mooc font devenir le must en matière de formation, le risque de voir s’organiser des « Communautés de Sachants » totalement indépendantes des Processus qualité et de hiérarchies traditionnelles devient de plus en plus fort. L’accompagnement des managers dans la maîtrise en la commutation 3.0 est donc un des défis liés à relever au plus vite.

10 années de découvertes, de remise en cause, de plaisir à anticiper s’offrent à nous. Pour les entreprises la réussite de ces 10 années sera essentiellement basée sur leur capacité à recruter les collaborateurs capables de faire face à la succession de ruptures technologiques qui se profilent.  Reste pour y parvenir à ce que chaque de managers anticipe et sache s’élever au stade de leaders porteurs d’une vision.

Jérick Develle